Par Arthur Bizimana
Club RFI Bujumbura est en train de développer le Projet « Desinfox jeunesse Burundi » dans ses établissements scolaires et académiques partenaires depuis octobre 2025. Ce projet vise la lutte contre les désordres informationnels. Sa mise en œuvre est appuyée par Canal France International en collaboration avec France Médias Monde.
A la fin du mois de mai 2026, ce sera la fin de cette première édition avec un concours « Halte aux Infox ». L’objectif de cette compétition est d’évaluer le niveau d’appropriation des concepts en rapport avec les désordres informationnels par les élèves et les étudiants.
Le samedi 25 au dimanche 26 avril 2026, au moment des éliminatoires pour déterminer les candidats qui vont participer à la finale prévue le 9 mai 2026, Les enseignants encadreurs se sont exprimés. En appréciant les productions de leurs élèves, ils plaident aussi pour que l’éducation aux médias et à l’information soit intégrée dans les programmes scolaires.
Slam-poésies, dissertations, témoignages, bandes-dessinées, … les productions des élèves étaient variées et de grande qualité. Les élèves ont affiché leur volonté de contribuer à la lutte contre les désordres informationnels. Surtout dans leurs milieux de vie : l’école et la communauté.
Partout dans tous les sites, les jurys ont eu gros à faire pour départager les candidats. Après la délibération, le constat général était que les notes étaient très proches, vraiment très serrées.
Cette bonne qualité des productions reflète celle du travail des enseignant-encadreurs qui ont fait preuve de dévouement et d’abnégation dans leur noble mission. Ils se sont exprimés pour montrer leur satisfaction.
Pour Frère Fulgence Ndikumana, encadreur à l’école Les Mignons de Saint Joseph de Kibumbu, enthousiaste sur le comportement de ses élèves, « ils sont maintenant informés sur ce thème. Ils ont des informations suffisantes en rapport avec la désinformation et les désordres informationnels dans les écoles. Ça c’est un atout pour eux et aussi pour leurs éducateurs. Nos élèves vont désormais être des acteurs de la lutte contre ce fléau dans nos écoles et même chez eux à la maison. Un autre avantage c’est que quand nous travaillons sur de tels thèmes, ça enrichit le vocabulaire de nos éduqués. »
Selon Hajayandi Jean Bosco, enseignant-encadreur au Lycée des Amis de Kwibuka à Gitega, l’autre réussite du projet c’est le discernement développé par les élèves : « Les élèves membres de Club Rfi savent discerner le vrai du faux et vérifier la véracité de l’information ».
Quant à Jules Singayimana, enseignant-encadreur au Lycée communal Bururi, les élèves ont attaché beaucoup d’intérêt à la lutte contre la désinformation : « Ceux qui ne sont pas concourants ont participé au concours. Ça montre qu’ils attachent un intérêt certain sur la lutte contre les fausses informations. Ce qui montre aussi que les séances que nous avons tenues en classe ont apporté des fruits. »
Néanmoins, cela ne met pas les élèves à l’abri de la désinformation, observe Antoine Ndagijimana, encadreur au du Lycée Kiremba sud : « Mes apprenants ne sont pas moins vulnérables parce que des fois ils diffusent tout ce qu’ils entendent. Mais, de toutes les façons, ils savent qu’il existe des personnes qui diffusent délibérément de fausses informations et ils apprennent petit à petit à développer un esprit critique. »
Au-delà de la désinformation…

Lors de l’encadrement des élèves dans les écoles, les enseignants- encadreurs ont rencontré des obstacles. Il s’agit par exemple du niveau insuffisant en français : « Le bas niveau de nos élèves en français a des répercussions sur leurs productions. » Ajoute Frère Fulgence Ndikumana.
« Il y a aussi le problème du manque de temps car, le projet est exécuté en même temps que d’autres activités scolaires. Et comme on ne peut pas interrompre les activités de l’école, on est obligé de chercher du temps libre pour cette activité. » Disent la plupart des encadreurs.
D’autres obstacles sont techniques : « Nos élèves sont des consommateurs des réseaux sociaux. Et quand je me suis penché sur les informations qui circulent sur les réseaux sociaux, le premier obstacle que j’ai eu pendant l’encadrement, c’est qu’on n’a pas eu de logiciel de détection des fausses images, ce qui ne nous a pas été facile de leur apprendre de distinguer la vraie image de la fausse. » Explique Emmanuel Nshemezimana, encadreur au Lycée de Bururi.
Pour limiter les effets de toutes ces difficultés, certains enseignants encadreurs ont partagé les stratégies à adopter pour mieux accomplir leur mission. C’est ainsi que dans les écoles du sud par exemple, les encadreurs et les élèves se rencontrent une fois par semaine pour partager les défis et les stratégies les meilleures pour les surmonter. En général, les enseignants-encadreurs plaident pour l’intégration de l’éducation aux médias et à l’information dans les programmes scolaires.